Comprendre l’impact de la raideur du bassin sur la marche en côte chez les seniors

05/05/2026

La marche en côte : un défi spécifique pour l’organisme vieillissant

La marche en côte mobilise le corps différemment de la marche sur terrain plat. Elle sollicite davantage les muscles, les articulations et l’équilibre. Chez la personne âgée, ce type d’effort expose les éventuelles limites de mobilité, en particulier celles liées au bassin. Composée principalement des os iliaques, du sacrum et du coccyx, cette région du squelette agit comme une charnière fondamentale entre le tronc et les membres inférieurs.

Avec l’âge, la mobilité du bassin tend à diminuer sous l’effet de modifications physiologiques telles que la diminution de la souplesse ligamentaire, l’usure cartilagineuse, la baisse de force musculaire ou encore l’apparition d’arthrose.

Le bassin : centre de transmission lors de la marche

Le bassin fait le lien entre le haut et le bas du corps grâce à deux articulations essentielles :

  • L’articulation sacro-iliaque : elle relie les os iliaques au sacrum et assure la transmission des forces entre la colonne vertébrale et les membres inférieurs.
  • L’articulation coxo-fémorale (hanche) : elle connecte chaque fémur au bassin et permet la flexion, l’extension et la rotation du membre inférieur.

Chez le sénior, la raideur de ces articulations peut résulter d’une fonte musculaire (sarcopénie), de remaniements osseux (ostéophytes) ou d’une diminution de l’activité physique. Un bassin souple coordonne les mouvements de chaque pas, particulièrement lors d’efforts en montée, où l’angle des hanches et la rotation pelvienne sont plus sollicités.

Mécanismes de la raideur du bassin avec l’âge

Plusieurs processus sont à l’origine de la perte de mobilité du bassin chez la personne âgée :

  • Arthrose : elle touche prioritairement les hanches et les articulations sacro-iliaques, limite l’amplitude des mouvements et provoque parfois des douleurs. L’arthrose de la hanche concernerait environ 10% des plus de 65 ans en France (Ameli.fr).
  • Sarcopénie : la perte progressive de masse et de force musculaire affecte les muscles stabilisateurs du bassin et du tronc.
  • Raideur ligamentaire : les ligaments du bassin s’épaississent et perdent de leur élasticité avec le temps.
  • Diminution du cartilage : le cartilage s’amincit, rendant les mouvements plus difficiles et éventuellement douloureux.

Cette conjonction de facteurs réduit la capacité du bassin à s’adapter à des terrains accidentés ou inclinés.

Conséquences de la raideur du bassin sur la marche en côte

Altération de la mécanique de marche

  • Lors de la montée, la flexion de la hanche et l’antéversion du bassin sont nécessaires pour franchir la pente. Si le bassin est raide, le pas devient plus court, le buste compense par une inclinaison excessive vers l’avant.
  • Cette compensation augmente la fatigue musculaire dorsale et perturbe l’équilibre global, surtout chez ceux présentant un déficit proprioceptif (perte de la perception de ses propres mouvements, fréquente chez les seniors).

Des études en biomécanique montrent que l’amplitude articulaire de la hanche diminue de 10 à 20 degrés en moyenne après 70 ans (PMID: 28109463), ce qui limite la capacité d’adaptation à la pente.

Modification des appuis et risques associés

  • Le transfert de poids devient instable, la propulsion est moins efficace.
  • La diminution de la rotation pelvienne entraîne un déséquilibre lors de la poussée sur la jambe d’appui, surtout en côte.
  • Le risque de trébuchement ou de faux pas s’accroît, majorant la probabilité de chutes, un problème de santé publique majeur chez les plus de 75 ans (Inserm).

Pertes énergétiques et fatiguabilité accrue

Le mouvement devient moins fluide et plus coûteux en énergie, car chaque pas nécessite davantage de compensation musculaire. Un bassin raide oblige à utiliser excessivement les muscles lombaires ou les quadriceps, accentuant la fatigue ressentie lors de la montée.

Anatomie appliquée : comment la raideur se manifeste-t-elle ?

Structure Conséquences de la raideur Impact lors de la marche en côte
Sacro-iliaque Perte de micro-mouvements nécessaires à l’ajustement postural Moins d’adaptabilité, compensation lombaire accrue
Hanche (coxo-fémorale) Diminution de la flexion et de la rotation Pas raccourci, montée difficile
Ligaments ilio-lombaires Rigidité, diminution des rotations pelviennes Montée pénible, instabilité latérale

Reconnaître les signes d’une raideur du bassin lors de la marche en côte

  • Pas raccourcis et démarche saccadée : la personne monte par petits pas et hésite avant chaque foulée.
  • Inclinaison du tronc vers l’avant : le haut du corps compense un manque de flexion de hanche.
  • Douleurs après l’effort : douleurs dans les fessiers, les lombaires ou dans la région inguinale après une montée.
  • Utilisation croissante d’appuis : appui sur une canne, recours plus fréquent aux rampes ou demande d’aide.

Pourquoi agir sur la mobilité du bassin ?

La mobilité du bassin influence de façon centrale la préservation de l’autonomie. La marche en côte est un excellent révélateur des capacités physiologiques et biomécaniques du corps vieillissant. Préserver la mobilité du bassin, c’est :

  • Limiter le risque de chute
  • Retarder la dépendance
  • Diminuer la charge sur les muscles lombaires et les genoux
  • Améliorer la circulation sanguine dans le membre inférieur
  • Maintenir les activités de plein air, particulièrement dans les régions vallonnées telles que les Alpes-Maritimes

Prévention : conseils pratiques et adaptations au quotidien

Exercices de mobilité douce à intégrer

  • Bascule pelvienne au sol : allongé(e) sur le dos, fléchir les genoux puis alterner entre creuser et plaquer les lombaires au sol pour entretenir la souplesse lombopelvienne.
  • Rotation douce des genoux : en position allongée, genoux fléchis, effectuer des mouvements de va-et-vient des genoux à droite puis à gauche.
  • Etirement des fléchisseurs de hanche : debout, poser un pied en arrière, genou légèrement plié, puis incliner le bassin vers l’avant pour ressentir l’étirement.
  • Renforcement du moyen fessier : debout, lever latéralement la jambe (sans pencher le tronc), pour stabiliser le bassin.

Adapter ses activités à la saison et à la topographie locale

  • Privilégier les balades sur routes peu pentues lors de la reprise d’activité après une période de sédentarité.
  • Utiliser les nombreux parcours de marche douce présents dans les Alpes-Maritimes, où des itinéraires adaptés aux seniors sont fréquemment balisés.
  • Prévoir un appui (bâton, canne) pour les terrains pentus ou irréguliers afin de limiter les risques.

Faire appel à un professionnel en cas de difficulté persistante

Si la raideur du bassin s’accompagne de douleurs invalidantes, de pertes d’équilibre récurrentes ou si la marche en côte devient impossible, il est essentiel de consulter un professionnel de santé. L’ostéopathe, le kinésithérapeute ou le gériatre évaluent non seulement la mobilité articulaire, mais aussi les forces musculaires et les carences posturales. Ils proposent des bilans adaptés et des programmes personnalisés visant à restaurer autant que possible la fluidité du mouvement (HAS). Il ne faut jamais hésiter à demander un avis spécialisé, d’autant que nombre de troubles musculosquelettiques peuvent être grandement soulagés à petit prix d’outils simples et d’exercices réguliers.

Gardez confiance dans vos ressources : l’approche ostéopathique de la mobilité

Le vieillissement du bassin n’est ni une fatalité ni un processus uniforme. Chaque individu évolue à son rythme ; de nombreux seniors maintiennent une mobilité remarquable et poursuivent la marche en côte sans difficulté majeure. La prévention, fondée sur la régularité des exercices et l’adaptation de l’activité à ses capacités, joue un rôle central. Redécouvrir ses points d’appui, entretenir une certaine souplesse et s’entourer des bons conseils permet de conserver une autonomie heureuse au quotidien, même dans un environnement aussi stimulant et parfois exigeant que celui des Alpes-Maritimes.

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