Les modifications tissulaires majeures après 60 ans
À partir de la soixantaine, plusieurs organes et tissus du corps entrent dans une phase de transformation :
La fonte musculaire (sarcopénie)
Le terme sarcopénie désigne la perte progressive de la masse et de la force musculaires. Elle débute souvent dès la cinquantaine, mais son accélération devient notable après 60 ans. Selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), on estime qu’après 70 ans, environ 10 à 15 % de la masse musculaire totale se perd chaque décennie. Cela s’explique par plusieurs facteurs :
- Diminution de la synthèse des protéines musculaires.
- Baisse du taux de certaines hormones, comme la testostérone et l’hormone de croissance.
- Réduction de l’activité physique quotidienne.
- Augmentation du stress oxydatif, c’est-à-dire l’accumulation de radicaux libres dans les tissus.
Cette fonte musculaire altère l’équilibre, complique la marche sur terrains irréguliers (courants sur les sentiers de l’arrière-pays niçois), et augmente le risque de chutes.
Le vieillissement articulaire : la mobilité en question
Les articulations subissent elles aussi des transformations marquées :
- Usure du cartilage : le cartilage – tissu lisse qui recouvre les extrémités osseuses – tend à s’amincir. Cette dégénérescence favorise l’apparition de l’arthrose, notamment au niveau des hanches, des genoux, ou des doigts.
- Diminution de la production de liquide synovial, le « lubrifiant » naturel des articulations. Résultat : les mouvements sont parfois ressentis comme plus raides ou moins fluides au réveil, phénomène appelé « raideur matinale ».
L’arthrose n’est toutefois pas la seule cause de limitation de mobilité chez les seniors. D’autres facteurs, comme l’enraidissement des capsules articulaires, la diminution de l’élasticité des tendons, ou même certains déséquilibres posturaux, jouent également un rôle.
La masse osseuse : ostéopénie et ostéoporose
Dès la ménopause chez la femme, et plus graduellement chez l’homme, la densité minérale osseuse décroît. Ce phénomène, appelé ostéopénie lorsqu’il est modéré, évolue vers l’ostéoporose dans les cas où la fragilité osseuse s’installe véritablement.
- En France, près de 40 % des femmes de plus de 65 ans et 14 % des hommes sont concernés par l’ostéoporose selon l’Assurance Maladie.
Cela rend les os plus vulnérables aux fractures, en particulier celles du col du fémur, du poignet ou des vertèbres, fracture qui peut bouleverser la vie quotidienne et nécessiter des adaptations importantes, notamment dans les habitations des Alpes-Maritimes, souvent accidentées ou dotées d’escaliers.