Sarcopénie primaire vs sarcopénie secondaire : des causes distinctes, des réponses ciblées
Il est essentiel de distinguer la sarcopénie dite « primaire » de la « secondaire » pour adapter la prévention et l’accompagnement. Cette nuance guide l’élaboration de prises en charge personnalisées, notamment chez les seniors actifs.
La sarcopénie primaire : une conséquence directe du vieillissement
La sarcopénie primaire désigne la perte musculaire liée essentiellement à l’âge, indépendamment d’autres causes médicales. Elle résulte de plusieurs mécanismes physiologiques :
- Diminution de la synthèse protéique musculaire, liée à la baisse des hormones anabolisantes (testostérone, DHEA, hormone de croissance).
- Inflammation chronique de bas grade (« inflammaging »), qui accélère la destruction des fibres musculaires.
- Stress oxydatif : altère les structures cellulaires et favorise la dégradation musculaire.
- Modification de l’innervation musculaire : perte des motoneurones, diminution de la conduction nerveuse.
À l’échelle pratique, la sarcopénie primaire s’installe lentement, souvent imperceptiblement. Son évolution dépend du patrimoine génétique, mais aussi du niveau d’activité physique au fil de la vie. Selon l’INSERM, la masse musculaire diminue physiologiquement de 1% par an à partir de 50 ans, avec une accélération après 70 ans.
La sarcopénie secondaire : quand d’autres facteurs viennent s’ajouter
La sarcopénie secondaire survient lorsqu'une maladie, un mode de vie ou une condition environnementale aggrave ou déclenche la perte musculaire, en dehors du vieillissement naturel.
- Causes liées à l’inactivité : immobilisation prolongée après une chute ou une opération, diminution de l’activité liée à la crainte de la douleur (kinésiophobie).
- Déficit nutritionnel : apports insuffisants en protéines ou en vitamine D, troubles digestifs, anorexie.
- Maladies chroniques : insuffisance cardiaque, maladie pulmonaire (BPCO), diabète, cancer, insuffisance rénale chronique.
- Effets secondaires de traitements : corticothérapie au long cours, chimiothérapie, certains antidépresseurs.
La distinction primaire/secondaire conditionne la réversibilité des symptômes : si la sarcopénie secondaire est identifiée précocement, un traitement ciblé de la cause peut parfois permettre une récupération partielle, voire complète, de la force musculaire.