Sensibilité accrue chez les seniors : les facteurs explicatifs
Déficit de récupération et réparation tissulaire
L’usure quotidienne n’est pas nécessairement pathologique. Cependant, avec l’âge, le temps de récupération cellulaire s’allonge. Les micro-déchirures induites par la marche ou la randonnée en terrain difficile s’accumulent plus vite qu’elles ne se réparent (Kjaer et al., Advances in tendon biology, The Lancet, 2018).
Cette accumulation lentement résolutive crée un état d’irritation chronique, reconnaissable par :
- L’apparition de raideurs matinales du tendon d’Achille
- Des douleurs au démarrage de la marche
- Des gonflements ou petites tuméfactions le long du tendon
Modification de la biomécanique du vieillissement
L’âge entraîne une fonte musculaire (sarcopénie) et une perte de mobilité articulaire. La propulsion lors de la marche devient moins puissante, ce qui impose au tendon de fournir un effort proportionnellement plus important pour compenser la diminution de force. Cette adaptation est particulièrement marquée sur les terrains inclinés, où le mollet est souvent en situation d’étirement maximal.
Effet du terrain accidenté sur la proprioception
La proprioception désigne la capacité du corps à percevoir la position et le mouvement des articulations. Cette compétence décline dès la soixantaine. Sur un sentier caillouteux, une diminution de proprioception augmente les erreurs de placement du pied et surcharge ponctuellement le tendon d’Achille.
| Facteur |
Effet sur le tendon d’Achille |
Risque accru avec l’âge |
| Diminution de vascularisation |
Retard de cicatrisation |
Très élevé |
| Rigidité tendineuse |
Baisse de résistance à l’étirement |
Elevé |
| Fonte musculaire |
Effort compensatoire du tendon |
Moyen à élevé |
| Baisse proprioceptive |
Mauvais placements répétés |
Progressif |